Ronds dans l’eau

C’était le 24 juin 1893. Un gros voilier rond, avec une triple coque, quittait Christiania, en Norvège, avec un objectif ambitieux : se faire prendre dans la glace et se laisser dériver pour prouver l’existence d’un courant transpolaire. À bord, 12 hommes seulement. Pas beaucoup pour un voilier de 39 mètres. L’important était qu’il soit très confortable pour l’équipage : de grosses réserves de nourriture, un salon avec bibliothèque… Et une coque en bois de triple épaisseur (près de 80 centimètres en moyenne) pour résister à la glace. Fridtjof Nansen, le chef d’expédition, va (ou s’apprête à) entrer dans l’histoire. Et on ne peut s’empêcher de penser à lui et son bateau en voyant le navire Tara Polar Station, qui est arrivé cet été au-delà du cercle polaire. Presque la même longueur, mais encore plus rond, et l’aluminium a remplacé le bois. Un bateau conçu pour la recherche scientifique (et il y a tant à faire en Arctique…), mais aussi le confort des 18 personnes pouvant y résider pour de longues périodes d’autonomie. Tout est fascinant dans cet « observatoire et laboratoire » dérivant qui doit enchaîner dix expéditions dans l’Arctique jusqu’en 2045. On imagine presque les longues journées dans la nuit polaire, dès novembre, les craquements de la glace résonnant jusqu’à l’intérieur du navire, quand ils ne seront pas couverts par des vents violents, l’émerveillement de l’équipage devant le ciel envahi d’aurores boréales avant de guetter l’apparition du soleil, vers mars. Il y aura aussi les ours polaires, bien sûr. Mais aussi, quand la glace laissera la place à de l’eau vive, les phoques, morses, narvals, orques ou bélougas. Magique. Je n’oublie pas la science, bien sûr, dont nous avons tant besoin. Mais que serait-elle sans la poésie du rêve et la puissance de l’imaginaire ?


Christophe Agnus

Image Maéva Bardy – Fondation Tara Ocean

L’Everest enfoncé

Les marins et les alpinistes ont toujours eu une connexion particulière. Tous les ans, ils se retrouvent même pour un Trophée Mer Montagne et un festival du même nom. Les points communs sont en effet nombreux entre la voile et l’alpinisme : sports techniques et physiques à la fois, où l’humain se retrouve minuscule dans une nature qui le dépasse, avec l’humilité obligatoire, comme le savoir-faire à défaut de l’expérience. « En mer, on ne triche pas » disait Eric Tabarly. En montagne non plus, peut confirmer Eric Loizeau, champion du monde des multicoques en 1986 avant de gravir l’Everest en 2003. Sur la photo, voici peut-être le symbole du mariage de l’océan et des sommets : les monts Mauna Kea  et Mauna Loa, dans l’archipel d’Hawaï. Ils culminent respectivement à 4 207 et 4 169 mètres au-dessus de la surface du Pacifique. Mais si on plonge dans l’océan pour chercher leur base, celle qui part de la croûte terrestre, sous les sédiments, ce sont deux géants… Plus de 10 kilomètres de haut pour le premier, et 17 pour le second ! Ils sont tellement grands, tellement lourds, qu’ils continuent d’enfoncer le plancher océanique au rythme de 0,2 millimètre par an. Cela ne paraît pas beaucoup ? A l’échelle d’une vie, en effet. Mais pour la Terre, vieille de 4,5 milliards d’années, c’est effrayant. Dans dix millions d’années, ces montagnes pourraient avoir enfoncé le plancher… de 20 kilomètres. Les géophysiciens peuvent sans doute expliquer pourquoi cela n’arrivera pas vraiment, mais ces deux monts, nés d’éruptions volcaniques, sont là pour nous rappeler que c’est parce qu’il y a la mer pour donner le point de base que les montagnes nous fascinent.

Christophe Agnus

Photo NASA

Des mots pour les vacances

L’été est là. Les vacances. Le temps, aussi, de lire, d’avoir le loisir de profiter des mots pour le seul plaisir de l’esprit, non pour une quelconque utilité économique. Oubliez les rapports, les bilans et les courriers administratifs, c’est le temps d’une visite chez votre libraire. Alors permettez-moi quelques conseils, des livres pour vivre la mer dans votre fauteuil. Je ne parle pas ici de récits de navigation, mais de littérature. Des romans qui vous emportent, vous émeuvent, vous transforment. Si vous êtes convaincus, commencez par des textes courts, pour vous mettre en appétit, et le premier de la liste ne peut être qu’un chef-d’œuvre : Le vieil homme et la mer,d’Ernest Hemingway, poignant roman d’une centaine de pages dont ont on ne peut pas bouger une virgule, enlever un mot. Puis passez à Typhon, de Joseph Conrad. Puissant, fascinant. Ou le tragiquement beau Lord Jim, du même auteur. Avant d’enchaîner avec Le loup des mers, de Jack London, qui fut un grand marin autant qu’un aventurier du Grand Nord. Plus long ? Tentez Moby Dick, évidemment, d’Herman Melville, dont vous connaissez peut-être l’histoire sans avoir lu les mots. Plus long encore ? Plongez dans la trilogie de La Fosse aux vents de Roger Vercel. Vous allez dire que je ne propose que des auteurs disparus. Mais les chefs-d’œuvre n’ont pas d’âge. Et si vous souhaitez des auteurs contemporains, en voici deux qui connaissent la mer et la racontent si bien dans leurs romans : Arturo Perez-Reverte, pour Corsaire du Levant, et Isabelle Autissier, pour Oublier Klara. Quand vous aurez terminé tout cela, les vacances seront finies et, même sans avoir quitté la terre ferme, vous aurez l’impression d’avoir passé l’été en mer.

Christophe Agnus

La beauté du mystère

Comment décrire cette cité, moitié ville, moitié bateau immobile ? George Sand a évoqué une « noire silhouette, jetée entre le ciel et l’eau ardente comme dans une mer de feu ». Venise a, sans quitter sa lagune, dominé la Méditerranée pendant des siècles. Ceux qui ont la chance de visiter la « Sérénissime » (titre officiel de la République de Venise, pour signifier sa stabilité et sa grandeur) doivent surtout s’écarter du parcours classique, ces rues commerçantes étroites et bondées de touristes entre la gare et la place Saint-Marc, et pousser au moins jusqu’à l’arsenal, où des centaines de vaisseaux ont été construits, symboles d’une imposante domination maritime au Moyen Âge et à la Renaissance. Un peu plus loin encore, ils seront dans l’une des deux marinas où, fait rare en Méditerranée, les voiliers dominent les vedettes à moteur. Comme si les résidents cherchaient, avec le silence de la voile, à se soulager du bruit des paquebots qui menacent la lagune. Peut-être ont-ils aussi lu Ernesto Perez-Reverte (Le pont des assassins) pour revivre la grandeur menaçante de la ville navire ? Ou Isabelle Autissier (Le naufrage de Venise) pour imaginer son futur ? Peu de villes ont autant été associées à la puissance de sa marine commerciale, mais aussi militaire. À l’époque, l’un allait difficilement sans l’autre, tant les menaces étaient grandes, les pirates nombreux, les ennemis prêts à tout. Au XIVe siècle, les riches Vénitiens étaient constructeurs de navires, armateurs et surtout banquiers pour financer les travaux de la lagune. Aujourd’hui, ils ont des hôtels et sont prêts à accepter toutes les folies de leurs clients, tant qu’ils peuvent facturer. “Venise se noie, c’est ce qui pouvait lui arriver de plus beau” disait Paul Morand. La phrase est plus belle que la perspective.

Christophe Agnus

Photo de l’auteur

La beauté du mystère

L’Ifremer vient de publier une note sur l’exploitation des grands fonds que je peux résumer à ceci : il est dangereux, et en plus sans doute pas rentable, de vouloir exploiter un milieu naturel dont on ne connaît pas grand-chose, notamment son rôle dans les équilibres naturels globaux (climat et biodiversité notamment). Évidemment, l’idée est de continuer à explorer scientifiquement, d’essayer de répondre à toutes nos questions pour que la connaissance nous permette de prendre la bonne décision. Pas sûr que ce soit la réponse attendue par certains industriels que les ressources abyssales, telles que les nodules polymétalliques (photo), les sulfures hydrothermaux et les encroûtements cobaltifères, font rêver : ils contiennent des métaux comme le cobalt, le nickel, le cuivre et le manganèse, précieux pour notre électronique moderne. La note souligne aussi que cette manne ne profiterait qu’à quelques pays riches (récolter à 4 000 mètres de profondeur n’est pas donné) et que cela n’inciterait pas vraiment les innovations technologiques de substitution, moins impactantes écologiquement. Mais il y a une autre raison de ne pas se précipiter : la poésie. Aujourd’hui, les habitants des villes souffrent souvent d’une déconnexion avec le naturel, et la mer est pour beaucoup un espace d’évasion mentale. Il suffit de l’observer. D’avoir même des frissons à l’idée des millions d’espèces inconnues qui y vivent. Si tout doit être relié à des notions rationnelle et financière, et que les mystères des grands fonds marins ne sont plus vus que comme des produits potentiels à exploiter, encore et encore, nous avons peut-être plus à y perdre que le téléphone portable encore plus performant qui pourrait en bénéficier : notre humanité.

Christophe Agnus

Photo IFREMER

L’honneur en jeu

Les symboles ont leur importance. Et il y en a deux qui méritent qu’on s’y attarde aujourd’hui. Le premier prend la forme d’une frégate née en 1779, morte une première fois en 1793 pour renaître en 2014 : L’Hermione. Commandée par le grand Latouche-Tréville, elle avait embarqué le jeune marquis de La Fayette allant annoncer à George Washington l’arrivée de troupes françaises pour soutenir les jeunes États-Unis contre l’Angleterre, mais aussi combattu dans la décisive bataille de Yorktown. Sa copie, construite au 21e siècle à Rochefort, a symbolisé cette amitié franco-américaine avant que des champignons s’attaquent à sa structure en bois, et qu’elle entre en chantier de réparation. Là arrive le second symbole : la difficulté de l’association Hermione – La Fayette à boucler le financement des travaux. On parle de 3 millions. C’est peu dans l’absolu, et beaucoup quand ils manquent pour sauver le voilier. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : sauver L’Hermione. Faire naviguer encore et encore ce navire qui représente autant l’Histoire que le savoir-faire de nos charpentiers de marine capables de reconstruire à l’identique deux cents ans plus tard mais avec les outils de nos anciens, une frégate de 66 mètres de long portant jusqu’à 3 315 m2 de voiles. Les Français savent se mobiliser pour sauver Notre-Dame, des entreprises sont prêtes à dépenser gros pour qu’un sportif porte leur marque, l’État sait même financer des autoroutes à l’utilité parfois douteuse… En 1793, la première Hermione avait coulé au large du Croisic après s’être couverte de gloire. Si, aujourd’hui, nous n’arrivons pas à sauver son héritière, La Fayette et Latouche-Tréville seront morts une seconde fois.

Christophe Agnus

Pour en savoir plus: https://fregate-hermione.com/

Merci à Ewan Lebourdais, Peintre officiel de la Marine, pour la photo
https://www.ewan-photo.fr/

L’espace traqué sous les océans

Le monde de la science est fascinant. Et il n’est pas toujours besoin de comprendre pour rester émerveillé. Savez-vous, par exemple, où les physiciens ont installé l’équipement pour détecter les neutrinos, les particules les plus mystérieuses de l’univers que nous envoient le soleil, les rayons cosmiques mais aussi les supernovas et les fameux trous noirs ? Au fond des mers. Pour les Russes, c’est au fond du lac Baïkal, le plus profond du monde. Les Américains : en Antarctique. Les Européens, eux, ont choisi la Méditerranée. Par 3500 mètres de profondeur du côté de la Sicile, et vers 2500 mètres au large de Toulon. Cette dernière installation, appelée (Oscillation Research with Cosmics in the Abyss) doit contenir à terme 115 lignes de 200 mètres de haut, accrochées au fond marin, et espacées de 20 mètres. Sur chacune d’entre elles sont accrochés des détecteurs optiques : 18 sphères d’une cinquantaine de centimètres tous les 9 mètres, contenant chacune 31 capteurs de lumière. Vous avez bien lu : on cherche la lumière dans le noir des abysses… Car si les neutrinos arrivent en masse sur la Terre (le soleil, seul, en envoie plus de 64 milliards, par seconde et par cm2…), ils traversent la planète de part en part et disparaissent… Insaisissables. A un détail près, évidemment : leur passage laisse parfois des traces, notamment en interagissant avec d’autres particules, sous la forme d’une impulsion lumineuse de quelques nanosecondes, que les scientifiques espèrent pouvoir capter « quelques fois par an ». Dans quel but ? Mieux connaître, en autres, les cataclysmes de l’univers. Un minuscule éclair bleu perdu dans les profondeurs de la mer pour comprendre le fonctionnement de l’infinité spatiale et l’origine du monde. Pour être franc, je n’ai pas tout compris. Mais je reste fasciné…

Christophe Agnus

Photo Patrick Dumas / CNRS Photothèque

Fantômes et marché noir

Cette photo date de 2020 et ce bateau n’existe plus. Ou plus dans cet état. Aujourd’hui, le MV Alta est couvert de rouille et coupé en deux morceaux, sur la côte sud-est de l’Irlande. L’homme n’est pas responsable de son éclatement (la mer a fait le travail), mais difficile de l’innocenter de cette mort programmée. Construit en 1976, et d’abord baptisé Tananger, ce cargo renforce la superstition des marins qui estime qu’on ne doit pas changer le nom d’un navire. Lui le fera plusieurs fois avant qu’on lui donne celui qu’il gardera jusqu’à sa mort. Mais c’est en 2018 qu’il entre dans la chronique des faits divers quand son équipage est secouru, après une dizaine de jours de dérive, par les garde-côtes américains, à 2 200 kilomètres des Bermudes. Ce qui arrive ensuite au cargo ? Personne ne le sait vraiment. Comme tous les bateaux fantômes, il conserve sa part de mystère, laissant la place à l’imagination. Il semble qu’il ait été détourné deux fois. Mais par qui ? Pour aller où ? Personne ne peut le dire. Vide, il aurait traversé l’Atlantique avant de remonter vers l’Espagne puis de se fracasser sur la côte irlandaise. Prenez une carte, et regardez le parcours : une sacrée traversée, sans que personne, à part un navire de la Royal Navy, au large de l’Afrique, ne le signale… Aujourd’hui, une autre catégorie de navire fantôme patrouille les mers sans se faire repérer. Le plus souvent vieux, naviguant sous pavillon de complaisance, ils sont utilisés par la Russie pour exporter une grande partie de son pétrole en contournant les restrictions des sanctions internationales. Ce sont des cousins, en quelque sorte, du MV Alta. À un détail près : vu leur cargaison, on préférerait qu’ils ne terminent pas sur des rochers… (Je sais, je suis ironique cette semaine, mais je n’ai pas pu m’en empêcher tellement cela m’a paru surréaliste, déconnecté du monde réel… »

Christophe Agnus

Photo Colm Ryan

Par amour de l’océan ?

L’été approche doucement et les super-yachts affluent en Méditerranée, à Cannes pour le festival comme à Monaco pour permettre à leurs propriétaires d’être aux meilleures places pour le grand prix de Formule 1. Alors, il faut saluer ces hommes et femmes pour leur amour de l’océan. D’accord, ils n’y vont généralement pas, laissant leurs équipages effectuer les traversées sans eux. Ils arrivent le plus souvent au port après un vol direct et naviguent très peu. Mais ils assurent faire des efforts pour moins polluer : les produits ménagers peuvent être bio, et certains mangent même vegan à bord. Mais de quoi parle-t-on ? Pour le Koru, le voilier géant de 127 mètres de long de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, c’est 540 litres de gasoil à l’heure quand il se déplace, et 1 000 litres par jour à l’arrêt (il faut bien entretenir la piscine, les jacuzzis et la clim…). Et il est suivi en permanence par son navire d’assistance de 75 mètres. Indispensable : c’est lui qui transporte l’hélicoptère. Ne nous trompons pas : certains de ces bateaux sont des merveilles d’architecture navale. Mais peut-être est-il temps de raisonner en tenant compte des impacts sur la nature de ces méga yachts ? Et j’ai quand même du mal à croire que leurs propriétaires se sentent tous vraiment concernés par la protection des océans, comme peut l’être l’ancien patron de Google, Éric Schmidt, qui finance un institut de recherche océanique de haut niveau. En attendant, si les bateaux de Bezos sont à Cannes, c’est pour que la compagne du milliardaire, que l’on a vu il y a peu au retour d’une balade de 11 minutes dans l’espace, reçoive un prix récompensant son « plaidoyer pour la justice climatique ». Sûrement parce que le Koru coupe parfois ses moteurs pour hisser ses voiles : un bel effort qui méritait assurément un prix… (Je sais, je suis ironique cette semaine, mais je n’ai pas pu m’en empêcher tellement cela m’a paru surréaliste, déconnecté du monde réel… »

Christophe Agnus

Photo Neon Cab Video

La mer après la mer

Que faire après avoir gagné la plus grande course en solitaire autour du monde, remporté toutes les transats, établi le record de vitesse sur le tour du monde en solitaire et passé tellement de temps en mer depuis 25 ans que les séjours à terre apparaissent comme des vacances ? Réponse de François Gabart : « J’ai envie de partir en voyage, en famille, en bateau ». Voilà. Rien de mieux que la mer pour se changer les idées, se reposer de l’océan. Que le bateau pour penser à autre chose que la voile. Paradoxe de marin que certains terriens ne peuvent pas comprendre. « Dieu a créé la mer et il l’a peinte en bleu pour qu’on soit bien dessus » disait Bernard Moitessier. Mais Gabart ne part pas pour se reposer, se ressourcer : enfant, il a connu le bonheur de naviguer un an en famille autour de l’Atlantique, une expérience, dit-il, ayant « profondément influencé ma vie, ma relation au monde, à la nature, à la société ». C’est donc ce cadeau qu’il souhaite, à son tour, offrir à sa famille : une immersion dans la vie océanique, voir le soleil se lever sur l’horizon, vivre au rythme de la houle et du vent, nager dans les lagons ou au milieu d’un océan… Vivre. En mer. Avec ceux qu’il aime. Cela vous paraît facile ? Une question d’argent ? Pas seulement : avec son Baluchon à quelques milliers d’euros, Yann Quenet vit son deuxième tour du monde. Beaucoup rêvent de larguer les amarres, si peu passent à l’acte. Preuve qu’il faut du courage pour prendre cette décision. Pour renoncer au confort immédiat promis par la société moderne dans laquelle nous vivons. Comme le résume le grand écrivain et navigateur Arturo Perez-Reverte, “La terre n’est rien d’autre qu’une coalition faite exprès pour décourager les marins.

Christophe Agnus

Photo Ines Saraiva