| L’été approche doucement et les super-yachts affluent en Méditerranée, à Cannes pour le festival comme à Monaco pour permettre à leurs propriétaires d’être aux meilleures places pour le grand prix de Formule 1. Alors, il faut saluer ces hommes et femmes pour leur amour de l’océan. D’accord, ils n’y vont généralement pas, laissant leurs équipages effectuer les traversées sans eux. Ils arrivent le plus souvent au port après un vol direct et naviguent très peu. Mais ils assurent faire des efforts pour moins polluer : les produits ménagers peuvent être bio, et certains mangent même vegan à bord. Mais de quoi parle-t-on ? Pour le Koru, le voilier géant de 127 mètres de long de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, c’est 540 litres de gasoil à l’heure quand il se déplace, et 1 000 litres par jour à l’arrêt (il faut bien entretenir la piscine, les jacuzzis et la clim…). Et il est suivi en permanence par son navire d’assistance de 75 mètres. Indispensable : c’est lui qui transporte l’hélicoptère. Ne nous trompons pas : certains de ces bateaux sont des merveilles d’architecture navale. Mais peut-être est-il temps de raisonner en tenant compte des impacts sur la nature de ces méga yachts ? Et j’ai quand même du mal à croire que leurs propriétaires se sentent tous vraiment concernés par la protection des océans, comme peut l’être l’ancien patron de Google, Éric Schmidt, qui finance un institut de recherche océanique de haut niveau. En attendant, si les bateaux de Bezos sont à Cannes, c’est pour que la compagne du milliardaire, que l’on a vu il y a peu au retour d’une balade de 11 minutes dans l’espace, reçoive un prix récompensant son « plaidoyer pour la justice climatique ». Sûrement parce que le Koru coupe parfois ses moteurs pour hisser ses voiles : un bel effort qui méritait assurément un prix… (Je sais, je suis ironique cette semaine, mais je n’ai pas pu m’en empêcher tellement cela m’a paru surréaliste, déconnecté du monde réel… » Christophe Agnus Photo Neon Cab Video |