| Que faire après avoir gagné la plus grande course en solitaire autour du monde, remporté toutes les transats, établi le record de vitesse sur le tour du monde en solitaire et passé tellement de temps en mer depuis 25 ans que les séjours à terre apparaissent comme des vacances ? Réponse de François Gabart : « J’ai envie de partir en voyage, en famille, en bateau ». Voilà. Rien de mieux que la mer pour se changer les idées, se reposer de l’océan. Que le bateau pour penser à autre chose que la voile. Paradoxe de marin que certains terriens ne peuvent pas comprendre. « Dieu a créé la mer et il l’a peinte en bleu pour qu’on soit bien dessus » disait Bernard Moitessier. Mais Gabart ne part pas pour se reposer, se ressourcer : enfant, il a connu le bonheur de naviguer un an en famille autour de l’Atlantique, une expérience, dit-il, ayant « profondément influencé ma vie, ma relation au monde, à la nature, à la société ». C’est donc ce cadeau qu’il souhaite, à son tour, offrir à sa famille : une immersion dans la vie océanique, voir le soleil se lever sur l’horizon, vivre au rythme de la houle et du vent, nager dans les lagons ou au milieu d’un océan… Vivre. En mer. Avec ceux qu’il aime. Cela vous paraît facile ? Une question d’argent ? Pas seulement : avec son Baluchon à quelques milliers d’euros, Yann Quenet vit son deuxième tour du monde. Beaucoup rêvent de larguer les amarres, si peu passent à l’acte. Preuve qu’il faut du courage pour prendre cette décision. Pour renoncer au confort immédiat promis par la société moderne dans laquelle nous vivons. Comme le résume le grand écrivain et navigateur Arturo Perez-Reverte, “La terre n’est rien d’autre qu’une coalition faite exprès pour décourager les marins.” Christophe Agnus Photo Ines Saraiva |