L’espace traqué sous les océans

Le monde de la science est fascinant. Et il n’est pas toujours besoin de comprendre pour rester émerveillé. Savez-vous, par exemple, où les physiciens ont installé l’équipement pour détecter les neutrinos, les particules les plus mystérieuses de l’univers que nous envoient le soleil, les rayons cosmiques mais aussi les supernovas et les fameux trous noirs ? Au fond des mers. Pour les Russes, c’est au fond du lac Baïkal, le plus profond du monde. Les Américains : en Antarctique. Les Européens, eux, ont choisi la Méditerranée. Par 3500 mètres de profondeur du côté de la Sicile, et vers 2500 mètres au large de Toulon. Cette dernière installation, appelée (Oscillation Research with Cosmics in the Abyss) doit contenir à terme 115 lignes de 200 mètres de haut, accrochées au fond marin, et espacées de 20 mètres. Sur chacune d’entre elles sont accrochés des détecteurs optiques : 18 sphères d’une cinquantaine de centimètres tous les 9 mètres, contenant chacune 31 capteurs de lumière. Vous avez bien lu : on cherche la lumière dans le noir des abysses… Car si les neutrinos arrivent en masse sur la Terre (le soleil, seul, en envoie plus de 64 milliards, par seconde et par cm2…), ils traversent la planète de part en part et disparaissent… Insaisissables. A un détail près, évidemment : leur passage laisse parfois des traces, notamment en interagissant avec d’autres particules, sous la forme d’une impulsion lumineuse de quelques nanosecondes, que les scientifiques espèrent pouvoir capter « quelques fois par an ». Dans quel but ? Mieux connaître, en autres, les cataclysmes de l’univers. Un minuscule éclair bleu perdu dans les profondeurs de la mer pour comprendre le fonctionnement de l’infinité spatiale et l’origine du monde. Pour être franc, je n’ai pas tout compris. Mais je reste fasciné…

Christophe Agnus

Photo Patrick Dumas / CNRS Photothèque