Maman, j’ai quitté la ville

Quand nous avons lu le texte de Corentin Durix, il était alors étudiant. A priori pas un expert validé du sujet. Mais ses écrits disaient le contraire. Il avait beaucoup lu, beaucoup rencontré, beaucoup étudié. Nous avons continué à travailler sur son texte pour arriver à cette version, que nous publions aujourd’hui. Et cela fait plaisir. Car entre-temps, Corentin Durix n’est plus étudiant. Après un passage dans un grand cabinet de conseil, il a intégré la BPI, la banque publique d’investissement, pour travailler sur… le développement de la ruralité! L’étudiant est officiellement devenu expert.

Nous vous proposons de découvrir ici l’introduction du livre:

« Le XXIe siècle est-il celui de la ruralité ? J’en suis certain. Enfin dans une certaine mesure et sous une certaine forme.

Pendant presque deux siècles, les villes françaises se sont développées et sont devenues les sanctuaires de la consommation et du progrès humain. Pourtant, depuis quelques années, entre l’urgence environnementale, les crises économiques, les pandémies et l’évolution des consciences, le modèle du tout urbain a peu à peu perdu en crédibilité jusqu’à arriver à un chiffre : 85 % des Français vivent sous influence urbaine alors que vivre en zone rurale est un idéal pour 81 % d’entre eux.

J’ai expérimenté les deux, partant d’un petit village de 300 âmes à une agglomération proche des 10 millions d’habitants en passant par quelques villes intermédiaires. Et je maintiens, l’avenir est à la campagne, du moins pour un certain nombre de Français, les néoruraux. Chaque année, ils sont de plus en plus nombreux à franchir le pas pour s’installer dans des espaces qui n’attendent qu’eux. Après l’exode rural massif du XIXe siècle qui vit gonfler les centres-villes et les cités ouvrières, nous sommes au matin d’une révolution démographique forte, inévitable et souhaitable en direction du rural.

Aujourd’hui la réalité des campagnes est préoccupante ; les belles campagnes vivantes et actives d’autrefois sont bien loin. Malgré la beauté et le potentiel de ces espaces, la population est vieillissante, l’emploi est en berne et le patrimoine se dégrade. Mais ce n’est pas une fin en soi, loin de là. À la différence des villes en mutation perpétuelle, les espaces ruraux sont peu repensés et furent longtemps considérés comme le propre de l’agriculture et de l’industrie.

Que faire lorsque ces deux secteurs sont en difficulté ? Innover ! Loin des modèles d’activités traditionnels, les campagnes portent en elles un potentiel vaste qui touche l’ensemble des secteurs stratégiques d’avenir. Innovation, circuits courts, télétravail, transport, énergie, écologie, et si les campagnes devenaient le laboratoire de la société de demain ? C’est tout l’enjeu des années à venir et il y a du travail ! Les campagnes du temps jadis ne sont plus, celles de demain seront différentes et il faut s’atteler à créer des espaces adaptés à leur temps. Pour cela, l’attachement émotionnel et idéologique des ruraux entrave souvent la modernisation de ces espaces. Et c’est exactement là que les néoruraux interviennent. Le succès de la revitalisation des campagnes passera par une subtile alchimie entre ruraux et néoruraux.

Je n’envisage pas de vous convaincre du bien-fondé de la vie à la campagne, c’est un jugement que vous seul(e) pouvez faire. Mon but est unique, dépoussiérer l’image désuète des campagnes et ouvrir les yeux sur l’incroyable et peu exploité potentiel de ces espaces. Que vous soyez rural ou urbain de toujours, Parisien envisageant le changement de vie ou que vous ayez déjà franchi le pas, ce livre est fait pour vous. Amis, à vos tracteurs et bienvenue sur le fabuleux chemin de la néoruralité.« 

Vous voulez aller plus loin? C’est ici! https://nautilus-editions.com/produit/maman-jai-quitte-la-ville/

On ne voit plus la mer

J’ai croisé Renaud Gaultier dans les années 80, sur le Tour de France à la Voile. Une amitié est née, mais les années passent, on se perd de vue. Avant de se retrouver il y a peu. Renaud est devenu artiste plasticien. Il me raconte qu’il y a quelques années, il avait décidé de s’implanter dans un village désert l’hiver, balnéaire l’été. Avant d’oser installer, en toute légalité, une œuvre conceptuelle sur la lande au bout d’une pointe, entre granit et sable fin. C’est alors tout un milieu qui est entré en ébullition. De controverses en polémiques, certains sont passés rapidement à l’acte. Et ce fut violent. Il en a fait un livre: « On ne voit plus la mer ». Une histoire vraie. Mais c’est aussi celle d’un regard sur ce qui fait notre relation au monde, le nôtre et celui des autres, qui apparemment n’est pas toujours le même.Vous voulez en avoir un avant-goût? Alors le début 😉

« Cela me revient quand il a toqué à ma vitre, j’ai la main sur la clé de contact, devant moi la dune qui dévale vers l’anse, sable et caillasse goémoneuse, je dois faire une manœuvre pour partir, que me veut-il, me foutre son poing dans la gueule ou parler ? J’espère un dialogue, je baisse la vitre.
— Ça doit s’arrêter tout ça.
— …
— Faut que ça s’arrête, ça va trop loin.
— …
— On peut se parler ?
Petit, presque frêle, l’homme semble soucieux, pris dans une tension qui, si j’en crois ses cernes, ne le lâche pas. Il pioche de la tête, un huîtrier pie qui fouille la grève, une question d’instinct sans explication.Je bafouille un « oui » et m’extrais de l’AX, je sens un poids. Il reprend.
— Ils m’ont demandé de la dynamite.
— ?….
— Mais j’ai refusé. C’est trop.

— …
— Moi, j’ai compris ce que tu fais.

Il sourit.Cela faisait dix jours que nous avions installé A. B. O., et les événements s’étaient enchaînés comme une mécanique sans cliquet. J’avais dû déposer à la gendarmerie trois départs de feu, plusieurs caillassages, des tags sur toutes les faces, les miroirs éclatés et le banc jeté à la mer.
— Je suis plasticien, c’est-à-dire un artiste qui fait autre chose que des peintures, par exemple je construis des objets et je les installe en extérieur. Là, il s’agit d’un cube rouge posé sur une dune, sur la côte.
— Pour votre truc là, vous aviez une autorisation ?
— Bien sûr, vous savez, je ne m’engage pas dans une telle opération sans vérifier qu’elle est possible. La mairie m’a donné son accord.

J’avais fait la queue, après un vol et une déclaration de port d’arme. Le brigadier m’a reçu dans un bureau où on ne pouvait pas glisser ses pieds sous la table, encombré par les caisses de vin, de Ricard et de toutes sortes d’ex-voto liquides. Venus constater les attaques sur place, l’un d’entre eux eut un air entendu :

— Vous savez, avant j’étais à Paris, près de Beaubourg, ça ne m’étonne pas ce que vous faites, mais ici, ils ne peuvent pas comprendre.

Pour confirmer sa thèse, trois jours plus tard, suite aux proportions que l’affaire prenait, appels téléphoniques, lettres au maire, courriers à la feuille locale, journal télévisé régional, un autre vint faire sa ronde pour inspecter l’outrage.

— Moi, je les comprends les gens.

Il soupire, la mine bougonne et le regard lourd il livre sa sentence :

— J’aurais fait pareil. »

Je ne résiste pas à vous mettre un autre extrait.
Au-delà de l’histoire, quand Renaud m’a envoyé son texte j’avais été saisi par sa qualité d’écriture. Et je vous laisse juge ici, dans cette description d’un village du littoral finistérien. L’auteur est chez un vrai « local », et le texte commence alors que ce dernier lui raconte son monde:

« Terres de destins où tout est bon, car seul compte la capacité à survivre à cette infortune, terres d’égaux devant la mort qui noie les hommes à quelques milles du quai et l’exode qui engloutit les filles qui partent à la ville, filles à bourgeois, choses de peu. L’homme parle et dit l’arrivée des résidences secondaires, d’abord les citadins d’à côté, fiers de montrer la réussite d’après les bombardements, il a fallu reconstruire et ils y avaient des affaires, des commerces, des monopoles lucratifs.Puis les premières automobiles. Les Parisiens. Et ces filles qui se déshabillaient sur la plage, repoussant les gars en bleu galoches sur les roches, à flanc de dunes, le désir interdit, mais il est permis de regarder, elles viennent se montrer chez eux, elles passent, ils demeurent, elles nagent, ils craignent l’eau.

Les bourgeois construisent des néo-bretonnes en parpaings enduits de blanc, rehaussées de parements de granit bien détouré, sur un vide sanitaire et un sous-sol pour garer la voiture, le dériveur en plastique et le fil à linge. Ils dressent des clôtures, plantent des haies et posent des portails. Ils creusent les dunes, y mettent des fleurs que le vent vitrifie, rien ne pousse, ils s’obstinent. En vingt ans, là où les enfants se défiaient en bande lors de parties de gendarmes et voleurs mémorables, un territoire d’herbes rases, envahi de coquelicots et bordé de mousses spongieuses où il faisait bon s’allonger pour chasser les nuages loin des parents et des frères qui houspillent pour un rien, toute cette étendue vague, désolée et un peu sauvage est devenue un espace parcellaire et mort, rempli de maisons vides onze mois sur douze, un parking à berlines neuves, même les chemins, ils les ont recouverts d’asphalte, cailloux et flaques, et la bande herbue du milieu aussi. Les grillages ont été remontés, des extensions bâties, un cabanon en bois traité pour les outils de jardin, un abri pour le barbecue, un tennis où personne ne joue jamais, trop de vent. Une réserve d’inutilités.

Aujourd’hui, ils ont vendu ou sont venus y passer leurs retraites. À tondre, à jardiner, à s’ennuyer, monsieur madame ensemble comme jamais auparavant, dans l’espoir de se voir confier leurs petits-enfants, dans l’attente qu’ils s’en aillent et les laissent au silence, à ressasser l’époque, à se regarder vieillir, le corps qui se voûte dans l’humidité froide, la maison un jour pimpante qui désormais s’oxyde et noircit face à la mer, indifférente et hostile, les volets crochetés tout l’hiver, de peur d’être emportés si jamais ils les ouvrent. »

Cela ne vous donne pas envie de lire? Moi, cela m’a donné envie de publier! https://nautilus-editions.com/produit/onnevoitpluslamer/

Et j’oubliais: comme Renaud est artiste plasticien, il a agrémenté le texte de 22 dessins originaux 😉 A découvrir aussi.

Tellement Libre…

Ce livre a une histoire.
Elle commence en 1996, quand je rencontre Frédéric Pie. A l’époque, c’est un entrepreneur de l’Internet (ce truc tout juste naissant) qui dirige une grande agence de création Web, Pictoris. Je répète la date: 1996. L’époque des pionniers, des audacieux. Pendant 24 ans, nous nous croisons de temps en temps. Le plaisir de partager un verre, une discussion. Mais je ne connais pas bien l’homme. Je ne vois que l’entrepreneur.
En 2020, je découvre sur les réseaux sociaux qu’il a décidé de changer de vie. Radicalement. Il vend tout ce qu’il a pour faire tenir son monde dans un sac de voyage. Plus de logement. Plus de voiture. Plus de moto. Le strict minimum en vêtements. Un sac et un ordinateur portable. L’entrepreneur se fait vagabond.

Pour ceux qui pensent que c’est facile de voyager les poches pleines, sachez que ce n’est pas vraiment le cas. Le métier d’entrepreneur est plus risqué et souvent moins rémunérateur que celui de salarié. A 52 ans, Frédéric Pie s’est retrouvé avec le même capital qu’un propriétaire de 40m2 à Paris. Bien, mais rien d’exceptionnel. Mais il avait mieux que de l’argent: un maximum de rêves et un esprit vraiment libre. Une furieuse envie de partir découvrir le monde et les êtres qui le peuplent, de partir à la découverte de lui-même. Et, ce pourquoi nous avons eu un véritable coup de foudre, à Nautilus, en le suivant sur les réseaux sociaux, un vrai talent d’écrivain.
Tout lâcher à 52 ans n’est pas si évident. Accepter de n’avoir plus de domicile. Plus d’adresse. Plus de statut social. D’être totalement libre, et donc dépendant aussi de ceux que l’on va croiser. Une leçon de vie, d’humilité et d’orgueil en même temps. Chapeau.

Le résultat: « Libre. Ecrire sur les chemins du monde ». Le premier livre de Frédéric Pie.

Premier car il ne va pas s’arrêter là. Il ne le doit pas. Nous avons eu tellement de plaisir à éditer ce livre, nous vous assurons que vous aurez du plaisir à le lire. Vous avez aimé Bouvier ou Chatwin? Tesson? Vous aimerez Frédéric Pie.

Vous pouvez le suivre sur son blog (il est actuellement en Afrique) et voir ce que d’autres ont pensé de ces écrits ici: https://fredericpie.fr/vos-mots/

Un avant-goût?

Alors cadeau: un petit livret de 22 pages, avec des extraits de « Libre »…


Et déjà, voici le prologue de « Libre »:

Ce livre est l’histoire d’un homme de cinquante ans qui décida un jour de se réinventer en allant se jeter corps et âme au beau milieu de la vie, dans ce qu’elle a de plus authentique et de plus belle, avec comme seul carburant, sa liberté retrouvée, chèrement reconquise. Pour ce faire, il a pris quelques décisions radicales qui consistèrent à tout lâcher, à renoncer à une vie établie, heureuse, citadine et confortable, pour entreprendre un tour du monde, en solitaire, d’une durée indéterminée.
Ceci est l’histoire d’une métamorphose, d’une libération, d’un renoncement à tout ce qui nous éloigne de nous-même et de ce point d’équilibre entre le bonheur apparent et la paix intérieure. C’est mon histoire, celle d’un homme qui a ressuscité de son vivant…
J’ai éprouvé le besoin, au fur et à mesure que je recevais des messages d’encouragement et de félicitations de dizaines de personnes, proches ou inconnus, qui se multipliaient au fil des mois, souvent si émouvants et terriblement sincères, d’écrire ce livre. Constatant que je vivais le rêve de milliers de personnes, désireuses de reprendre possession de leur vie, de leur trajectoire, de leur temps et de leur liberté, j’ai voulu livrer mon témoignage et expliquer comment un homme d’une cinquantaine d’années décide et rend possible un tel changement de vie. Mais surtout, j’ai souhaité écrire pour tout ceux qui rêvent de partir où que ce soit, de quitter qui que ce soit, de voyager pour se retrouver, et afin d’expliquer comment le voyage au long cours, en tant que mode de vie et pas comme simple parenthèse au milieu d’une vie inchangée, devient une catharsis, une opportunité insensée de vivre autre chose et de découvrir sa propre vérité.
C’est donc autant un témoignage de vie qu’une invitation au voyage que je vous propose de vivre à mes côtés durant les longs mois où je me suis immergé au sein de contrées magnifiques, dans des pays inconnus, des rencontres édifiantes pour finalement parvenir au cœur du monde, là où se trouve notre vivante humanité. Alors, pour ne plus prendre votre courage… à demain, préparez votre sac à dos et n’oubliez pas votre passeport. Nous voilà partis pour un périple empreint de liberté absolue !
On m’a souvent demandé, tout au long de mes pérégrinations d’où m’était venue cette idée de partir faire le tour du monde, me posant, dans la foulée, mille autres questions pour comprendre comment un homme qui a tout, qui vit au cœur de Paris, une ville qui fait rêver des centaines de millions de personnes de part le monde, peut tout abandonner du jour au lendemain. Après la curiosité et le désir de comprendre comment cela était possible, je voyais vite apparaître dans le regard de mes interlocuteurs l’envie ou un soupçon d’admiration. Je ne compte plus les verres qui me furent offerts, les taxis qui furent finalement gratuits, les mots chaleureux d’encouragement ou de félicitation, sans compter les rencontres mémorables dès que je racontais mon passé et mon projet de vie nouvelle. Visiblement l’histoire séduisait et incitait à la conversation.
A force de raconter mon histoire et de répondre aux questions, j’allais chercher toujours plus profondément mes réponses, creusant au delà des faits et des raisons apparentes, je découvrais d’autres causes qui pouvaient expliquer le chemin de vie que j’ai choisi et sa bifurcation subite vers l’ivresse de la liberté.

Alors, comme les choses sont toujours plus complexes qu’elles n’y paraissent et que les raisons véritables proviennent souvent de bien plus profond que les phrases que l’on s’invente pour raconter une version de notre histoire qui nous séduise, je me mis à creuser, à chercher d’autres raisons qui justifieraient un tel revirement de vie. Ce fut passionnant car au fur et à mesure que je m’enfonçais vers l’avenir, en des territoires nouveaux et surprenants, je progressais vers mes racines, remontant le cours des évènements, rembobinant le film de ma vie pour y débusquer toute les raisons qui s’emboiteraient parfaitement pour me mener à devenir un vagabond moderne, un poète à l’âme gitane. Tout était en place depuis longtemps, sans que je le sache ou cherche d’ailleurs à le savoir.
J’ai donc écrit ce recueil comme un journal de voyage littéraire, tissé comme un patchwork coloré de rencontres, de paysages, de pays et de villes, d’étonnements et de faits. On y trouvera au fil des mois et des kilomètres parcourus des réflexions intimes, des poèmes, des chroniques de voyage, des lettres d’amour et d’amitié, des portrait d’hommes et de femmes magnifiques, des souvenirs éclairants les raisons de ce voyage et de ce changement de vie radical. Vous voyagerez à mes côtés et vous assisterez à la libération d’un homme, à l’éclosion et à l’incarnation de son rêve de liberté puis à la mue d’une conscience que le voyage au long cours ne manque pas d’éveiller. J’espère que ces quelques pages constitueront un sésame pour tous ceux qui rêvent de reprendre la maîtrise de leur vie, et pour ceux qui rêvent de liberté et de vastes horizons, qu’elles créeront l’étincelle qui mettra le feu aux poudres… d’escampette !
Mais il faut que je vous prévienne, avant que nous embarquions ensemble pour ce voyage sans billet de retour : nous ne serons pas seuls. Je me suis permis d’inventer toute une bande d’amis, de maître à penser, de géants qui m’ont tant appris, si souvent guidé et soutenu dans les régions froides de l’incertitude, qui furent des phares posés à l’horizon, qui m’éloignèrent des récifs sur lesquels je me serais sans doute échoué durant ce long voyage. Viendront nous rejoindre, au gré des chroniques, au fil des territoires traversés et des choses vécues, René Char, Pablo Neruda, Albert Cohen, Céline, Federico Garcia Llorca, Joë Bousquet, Alvaro Mutis et son complice de toujours, Gabriel Garcia Marquez. Sans oublier Albert Camus, Victor Hugo, les poètes Christian Bobin et Guy Goffette, et bien sûr les écrivains voyageurs Sylvain Tesson et Nicolas Bouvier… La liste n’est pas exhaustive et j’avoue être toujours surpris par ceux qui n’étaient pas invités mais qui me firent l’honneur de donner leur avis sur mes folles élucubrations et de nous offrir leur plume pour quelques pensées souvent fulgurantes et lumineuses.
Alors, en route…!

Fin d’un rêve

Cette photo n’est pas spectaculaire, désolé.
Ni même vraiment belle.
Alors, pourquoi vous proposer en photo ce lundi l’image de ce quatre-mâts de luxe ? La réponse tient en deux phrases : 1/ ce voilier a coulé pendant le week-end, au large de la Malaisie, après avoir pris feu. 2/ Avant d’être un navire de vacances pour millionnaires, ce quatre-mâts a été le rêve d’un homme qui a marqué la voile française, Alain Colas.

Revenons en arrière. A la fin des années 60, Colas n’est qu’un équipier parmi d’autres d’Eric Tabarly. L’ancien professeur de littérature française dans un lycée australien, qui détonnait dans la bande autour du maître, va même lui acheter son catamaran, Pen Duick IV. Il le rebaptise Manureva et remporte la Transat en solitaire de 1972. Pour diverses raisons, pas vraiment importantes, la presse raconte que la relation n’est pas au mieux entre le maître et l’élève, mais Colas a un rêve : construire un gigantesque monocoque pour la Transat de 1976. Jean-Yves Terlain avait ouvert la voie avec le Vendredi 13, trois-mâts de 39 mètres : il fera un quatre-mâts, de 72 m. Un monstre. Qu’il conçoit pour pouvoir être commandé par un homme seul.

Alors que le chantier n’est pas commencé, Colas a un très grave accident à bord de Manureva : son pied, pris dans un cordage de l’ancre, est quasiment arraché. Il suit donc la construction de l’hôpital. Quand les essais commencent, le skipper est toujours convalescent. Quand la course démarre, il marche encore avec des béquilles… Rebaptisé Club Mediterranée, le géant des mers n’est pas parfaitement au point pour affronter ce qui va être l’une des transats les plus dures de l’histoire, et dans laquelle Eric Tabarly s’est aligné sur Pen Duick 6, monocoque de 22 mètres prévu pour être manœuvré par un équipage complet. Connaissant quelques problèmes techniques, Colas fait escale pendant 36 heures à Terre-Neuve, le temps pour son équipe de réparer. Quand il franchit la ligne à Newport, il apprend que Tabarly est déjà arrivé depuis 7 heures et 28 minutes.

La suite, vous la connaissez sans doute. Toujours souffrant de sa cheville, Colas prendra cependant le départ de la première Route du Rhum, en 1978. Il n’arrivera jamais à Pointe-à-Pitre. « Où es-tu Manureva ? » écrira Serge Gainsbourg pour Alain Chamfort. Alain Colas est mort de son rêve. Mais quel rêve…

Et le bateau ? Il va être racheté et totalement transformé par Bernard Tapie, qui le rebaptise Phocéa. Puis, acheté encore par une milliardaire libanaise qui l’adapte à son goût, puis par un duo de français plus que riches. Avant de couler ce week-end. Le voilier de course était devenu une résidence luxueuse bourrée de marbre et d’or. Pas sûr que Colas y aurait reconnu son rêve.

Photo Cyr0z

Petit voilier, grand bonhomme

C’est l’histoire d’un petit homme qui aime l’immense. Il s’appelle Yann Quenet. Il a 50 ans.

Normalement, il vit à Saint-Brieuc et il construit des bateaux. Mais parce que le petit homme rêve grand, il aime les petits bateaux car il sait que « petit bateau, petites emmerdes ». Et il aime encore plus les tout petits bateaux car moins c’est cher à construire, plus tôt on peut partir. Comme Yann Quenet rêvait de tour du monde à la voile, il s’est construit le bateau qu’il lui fallait : Baluchon, 4 mètres de long. 4 mètres pour affronter le large et trois océans. 4 mètres pour l’emmener au bout de son rêve. 

Avec son Baluchon de 4 mètres de long, Yann Quenet a traversé l’Atlantique, s’est glissé entre les cargos pour passer le canal de Panama en quasi-pirate, puis a rejoint Tahiti. Après la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie. Tout ça sur 4 mètres de Baluchon, insubmersible et tout simple. Alors d’accord, le bateau fait souvent bouchon sur les vagues. D’acord, il n’est pas toujours confortable : à l’intérieur, Yann n’a que l’espace pour se coucher ou s’asseoir, calé entre les bidons d’eau et les réserves de nourriture. Pour être debout, il doit ouvrir un capot qui lui permet, en plus, de regarder dehors. Mais il est arrivé en Nouvelle-Calédonie et raconte le plaisir des rencontres à terre comme des navigations au large. Bientôt, il va devoir prendre la mer pour rejoindre la Réunion. Mais en période de pandémie toutes les distances s’allongent à cause des pays interdits à l’escale. Alors Baluchon va devoir couvrir 7 000 mllles d’une traite. 13 000 kilomètres sans escale pour un petit bateau de 4 mètres de long avec une seule voile, et un grand petit bonhomme à la barre. 

On ne sait pas vraiment qui de Platon ou d’Aristote a dit qu’il y avait trois sortes d’hommes : ceux qui vivent, ceux qui meurent, et ceux qui vont en mer. Quel que soit l’auteur, il avait raison.

Suivez les aventures de Yann Quenet ici: https://www.facebook.com/yann.quenet.5

Si voulez lui donner un coup de main: https://www.papayoux.com/fr/cagnotte/un-petit-coup-de-pouce-pour-baluchon-et-yann-quenet

Ce texte a d’abord été envoyé à tous les abonnés de la Photo de mer de Nautilus. Abonnez-vous gratuitement ici: https://nautilus-editions.com/la-photo-de-mer-de-la-semaine/

La photo est extraite d’une vidéo de Diane Jüllich (voir sa page Facebook ici: https://www.facebook.com/diane.jullich) et la vidéo ici: https://www.youtube.com/watch?v=CT6xl94FVow

Sur Radio Occitannia

Invité lundi 1er février sur Radio Occitania par Christian Moretto. Très intéressante émission de deux heures, pour parler d’environnement, de mer, mais aussi de Reporters d’Espoirs. Je n’étais pas seul, avec une autre invitée, Lorena Saldarriaga, une agricultrice bio qui a créé la ferme du Petit scarabée, située à Seysses, à 25 km de Toulouse. On a aussi échangé au téléphone avec le député européen, également paysan en agroécologie en Charente, Benoît Biteau.

Pour écouter l’émission: https://soundcloud.com/user-920817809-912752811/passerelle-2021-02-01

Bateaux parle de « Au-delà des limites »

Au-delà des limites dans Bateaux

Le site « Bateaux.com », une des références en ligne sur le nautisme, a bien aimé « Au-delà des limites ».

« Précis, marins, fidèles, les auteurs nous transcrivent ces aventures avec beaucoup de soin et un joli style. Pour qui suit l’histoire de la plaisance de ces dernières décennies, la surprise ne sera sans doute pas au rendez-vous, mais le récit et si bien fait que l’on se prend à vivre ou revivre l’aventure avec le marin. »

et ils ajoutent:

« Clin d’oeil environnemental, les jeunes Éditions Nautilus qui éditent ce livre reversent 1% de leur chiffre d’affaires à la protection de l’environnement. À l’heure des cadeaux de Noël, non content de faire un heureux, vous participerez aussi à une bonne cause…« 


https://www.bateaux.com/article/35358/revivez-15-histoires-d-aventures-en-mer-extremes-mais-vraies

Rob Greenfield sur Télématin

Le 10 septembre, Télématin a parlé de Rob Greenfield, après qu’une journaliste l’a rencontré à Paris, début juillet. Un sujet sympa, pour un homme qui mérite qu’on s’intéresse à lui. Et en plus la présentation du livre: chouette! 😉

Conférence de Rob Greenfield à Paris le 4 juillet

Les mesures de confinement s’allégeant, l’auteur du « Drôle de voyage de Mister Green » sera en conférence à Paris samedi 4 juillet, à l’invitation de la fondation GoodPlanet.
Pour Rob Greenfield, ce sera la première intervention en public depuis des mois. Et la seule avant longtemps: il repart le 8 aux Etats-Unis, pour commencer à préparer son prochain projet.
Toutes les informations ici: https://www.goodplanet.org/fr/domaine/rencontre-rob-greenfield/

Le drôle de voyage est arrivé

Nous avons reçu les premiers exemplaires du « Drôle de voyage de Mister Green ». 600 exemplaires ont été livrés au bureau des éditions Nautilus, 3400 exemplaires devant être livrés chez le distributeur de Nautilus, Dilisco, dont les entrepôts sont des dans la Creuse. Précisons que le livre a été imprimé dans le Cher (mais à un prix raisonnable…).
Sauf changement de dernière minute, le livre devrait être disponible en librairie à partir du 29 mai.
Nos amis libraires ont souffert de la période de confinement, et il est important de les aider à reprendre leur activité.
Rob Greenfield, lui, est encore en France, sans doute jusqu’à mi-juin, date à laquelle il envisage d’aller en Italie, avant de rentrer aux Etats-Unis à l’issue de la validité de son visa de séjour en Europe, soit mi-juillet.
Bien sûr, le livre peut toujours être commandé directement sur ce site, en cliquant ici.

Bonne lecture!

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