Au moment de lire cette 888ème chronique maritime vous vient peut-être une interrogation : pourquoi, encore et toujours, traduire la mer en mots ? Mais cette page ne suffirait pas à répondre. Sauf à réduire sa pensée à quelques termes tirés du dictionnaire : la beauté, la douceur, la violence, les couleurs, le mouvement, le frisson, la surprise, la peur, la joie, l’émotion… Je pourrais aussi parler de l’Histoire, celle du monde comme celle des humains, me raccrocher à des grands noms et citer Fernand de Magellan, Bernard Moitessier ou Sylvia Earle. Je n’oublierais pas de raconter, également, le foisonnement de vies qu’on y trouve, de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de toutes les formes. J’oserais peut-être évoquer l’inventivité des architectes navals, ou l’audace des explorateurs des grands fonds comme le courage des marins qui affrontent le large en colère.
Oui, je pourrais.
Comme il serait facile d’évoquer une tradition familiale, une enfance au bord de la mer, et tous mes amis marins. Sans oublier les plaisirs que j’ai pu avoir, sur ou sous l’eau, en régate, croisière ou plongée, et cet apaisement ressenti à la seule vue du large.
Bien sûr.
Mais si je m’astreins à la discipline d’une chronique hebdomadaire, 100% maritime, depuis 19 ans, c’est pour une raison tellement plus simple. La même qui anime le photographe Ewan Lebourdais, Peintre Officiel de la Marine, auteur de cette photo spectaculaire : j’aime la mer. Le mot est tellement puissant qu’il est inutile d’en chercher d’autres. J’aime la mer. Et j’ai tellement envie que les autres l’aiment aussi que je ne peux m’empêcher d’essayer de la leur raconter, toutes les semaines.
Ceci est donc ma 888ème chronique.
Et je suis loin d’avoir fait le tour du sujet.
Christophe Agnus
Photo Ewan Lebourdais- Peintre Officiel de la Marine, www.ewan-photo.fr


