Fin d’un rêve

Cette photo n’est pas spectaculaire, désolé.
Ni même vraiment belle.
Alors, pourquoi vous proposer en photo ce lundi l’image de ce quatre-mâts de luxe ? La réponse tient en deux phrases : 1/ ce voilier a coulé pendant le week-end, au large de la Malaisie, après avoir pris feu. 2/ Avant d’être un navire de vacances pour millionnaires, ce quatre-mâts a été le rêve d’un homme qui a marqué la voile française, Alain Colas.

Revenons en arrière. A la fin des années 60, Colas n’est qu’un équipier parmi d’autres d’Eric Tabarly. L’ancien professeur de littérature française dans un lycée australien, qui détonnait dans la bande autour du maître, va même lui acheter son catamaran, Pen Duick IV. Il le rebaptise Manureva et remporte la Transat en solitaire de 1972. Pour diverses raisons, pas vraiment importantes, la presse raconte que la relation n’est pas au mieux entre le maître et l’élève, mais Colas a un rêve : construire un gigantesque monocoque pour la Transat de 1976. Jean-Yves Terlain avait ouvert la voie avec le Vendredi 13, trois-mâts de 39 mètres : il fera un quatre-mâts, de 72 m. Un monstre. Qu’il conçoit pour pouvoir être commandé par un homme seul.

Alors que le chantier n’est pas commencé, Colas a un très grave accident à bord de Manureva : son pied, pris dans un cordage de l’ancre, est quasiment arraché. Il suit donc la construction de l’hôpital. Quand les essais commencent, le skipper est toujours convalescent. Quand la course démarre, il marche encore avec des béquilles… Rebaptisé Club Mediterranée, le géant des mers n’est pas parfaitement au point pour affronter ce qui va être l’une des transats les plus dures de l’histoire, et dans laquelle Eric Tabarly s’est aligné sur Pen Duick 6, monocoque de 22 mètres prévu pour être manœuvré par un équipage complet. Connaissant quelques problèmes techniques, Colas fait escale pendant 36 heures à Terre-Neuve, le temps pour son équipe de réparer. Quand il franchit la ligne à Newport, il apprend que Tabarly est déjà arrivé depuis 7 heures et 28 minutes.

La suite, vous la connaissez sans doute. Toujours souffrant de sa cheville, Colas prendra cependant le départ de la première Route du Rhum, en 1978. Il n’arrivera jamais à Pointe-à-Pitre. « Où es-tu Manureva ? » écrira Serge Gainsbourg pour Alain Chamfort. Alain Colas est mort de son rêve. Mais quel rêve…

Et le bateau ? Il va être racheté et totalement transformé par Bernard Tapie, qui le rebaptise Phocéa. Puis, acheté encore par une milliardaire libanaise qui l’adapte à son goût, puis par un duo de français plus que riches. Avant de couler ce week-end. Le voilier de course était devenu une résidence luxueuse bourrée de marbre et d’or. Pas sûr que Colas y aurait reconnu son rêve.

Photo Cyr0z

Petit voilier, grand bonhomme

C’est l’histoire d’un petit homme qui aime l’immense. Il s’appelle Yann Quenet. Il a 50 ans.

Normalement, il vit à Saint-Brieuc et il construit des bateaux. Mais parce que le petit homme rêve grand, il aime les petits bateaux car il sait que « petit bateau, petites emmerdes ». Et il aime encore plus les tout petits bateaux car moins c’est cher à construire, plus tôt on peut partir. Comme Yann Quenet rêvait de tour du monde à la voile, il s’est construit le bateau qu’il lui fallait : Baluchon, 4 mètres de long. 4 mètres pour affronter le large et trois océans. 4 mètres pour l’emmener au bout de son rêve. 

Avec son Baluchon de 4 mètres de long, Yann Quenet a traversé l’Atlantique, s’est glissé entre les cargos pour passer le canal de Panama en quasi-pirate, puis a rejoint Tahiti. Après la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie. Tout ça sur 4 mètres de Baluchon, insubmersible et tout simple. Alors d’accord, le bateau fait souvent bouchon sur les vagues. D’acord, il n’est pas toujours confortable : à l’intérieur, Yann n’a que l’espace pour se coucher ou s’asseoir, calé entre les bidons d’eau et les réserves de nourriture. Pour être debout, il doit ouvrir un capot qui lui permet, en plus, de regarder dehors. Mais il est arrivé en Nouvelle-Calédonie et raconte le plaisir des rencontres à terre comme des navigations au large. Bientôt, il va devoir prendre la mer pour rejoindre la Réunion. Mais en période de pandémie toutes les distances s’allongent à cause des pays interdits à l’escale. Alors Baluchon va devoir couvrir 7 000 mllles d’une traite. 13 000 kilomètres sans escale pour un petit bateau de 4 mètres de long avec une seule voile, et un grand petit bonhomme à la barre. 

On ne sait pas vraiment qui de Platon ou d’Aristote a dit qu’il y avait trois sortes d’hommes : ceux qui vivent, ceux qui meurent, et ceux qui vont en mer. Quel que soit l’auteur, il avait raison.

Suivez les aventures de Yann Quenet ici: https://www.facebook.com/yann.quenet.5

Si voulez lui donner un coup de main: https://www.papayoux.com/fr/cagnotte/un-petit-coup-de-pouce-pour-baluchon-et-yann-quenet

Ce texte a d’abord été envoyé à tous les abonnés de la Photo de mer de Nautilus. Abonnez-vous gratuitement ici: https://nautilus-editions.com/la-photo-de-mer-de-la-semaine/

La photo est extraite d’une vidéo de Diane Jüllich (voir sa page Facebook ici: https://www.facebook.com/diane.jullich) et la vidéo ici: https://www.youtube.com/watch?v=CT6xl94FVow

Sur Radio Occitannia

Invité lundi 1er février sur Radio Occitania par Christian Moretto. Très intéressante émission de deux heures, pour parler d’environnement, de mer, mais aussi de Reporters d’Espoirs. Je n’étais pas seul, avec une autre invitée, Lorena Saldarriaga, une agricultrice bio qui a créé la ferme du Petit scarabée, située à Seysses, à 25 km de Toulouse. On a aussi échangé au téléphone avec le député européen, également paysan en agroécologie en Charente, Benoît Biteau.

Pour écouter l’émission: https://soundcloud.com/user-920817809-912752811/passerelle-2021-02-01

Bateaux parle de « Au-delà des limites »

Au-delà des limites dans Bateaux

Le site « Bateaux.com », une des références en ligne sur le nautisme, a bien aimé « Au-delà des limites ».

« Précis, marins, fidèles, les auteurs nous transcrivent ces aventures avec beaucoup de soin et un joli style. Pour qui suit l’histoire de la plaisance de ces dernières décennies, la surprise ne sera sans doute pas au rendez-vous, mais le récit et si bien fait que l’on se prend à vivre ou revivre l’aventure avec le marin. »

et ils ajoutent:

« Clin d’oeil environnemental, les jeunes Éditions Nautilus qui éditent ce livre reversent 1% de leur chiffre d’affaires à la protection de l’environnement. À l’heure des cadeaux de Noël, non content de faire un heureux, vous participerez aussi à une bonne cause…« 


https://www.bateaux.com/article/35358/revivez-15-histoires-d-aventures-en-mer-extremes-mais-vraies

Rob Greenfield sur Télématin

Le 10 septembre, Télématin a parlé de Rob Greenfield, après qu’une journaliste l’a rencontré à Paris, début juillet. Un sujet sympa, pour un homme qui mérite qu’on s’intéresse à lui. Et en plus la présentation du livre: chouette! 😉

Conférence de Rob Greenfield à Paris le 4 juillet

Les mesures de confinement s’allégeant, l’auteur du « Drôle de voyage de Mister Green » sera en conférence à Paris samedi 4 juillet, à l’invitation de la fondation GoodPlanet.
Pour Rob Greenfield, ce sera la première intervention en public depuis des mois. Et la seule avant longtemps: il repart le 8 aux Etats-Unis, pour commencer à préparer son prochain projet.
Toutes les informations ici: https://www.goodplanet.org/fr/domaine/rencontre-rob-greenfield/

Le drôle de voyage est arrivé

Nous avons reçu les premiers exemplaires du « Drôle de voyage de Mister Green ». 600 exemplaires ont été livrés au bureau des éditions Nautilus, 3400 exemplaires devant être livrés chez le distributeur de Nautilus, Dilisco, dont les entrepôts sont des dans la Creuse. Précisons que le livre a été imprimé dans le Cher (mais à un prix raisonnable…).
Sauf changement de dernière minute, le livre devrait être disponible en librairie à partir du 29 mai.
Nos amis libraires ont souffert de la période de confinement, et il est important de les aider à reprendre leur activité.
Rob Greenfield, lui, est encore en France, sans doute jusqu’à mi-juin, date à laquelle il envisage d’aller en Italie, avant de rentrer aux Etats-Unis à l’issue de la validité de son visa de séjour en Europe, soit mi-juillet.
Bien sûr, le livre peut toujours être commandé directement sur ce site, en cliquant ici.

Bonne lecture!

Nautilus dans Ouest-France

Le quotidien Ouest-France, le plus grand quotidien de France (800 000 exemplaires!), a publié hier un article sur Nautilus. Très heureux de cela non seulement parce que l’on parle de Nautilus, mais aussi parce que Ouest-France est l’un des deux grands quotidiens de Bretagne, d’où nous sommes originaires. Et que les lecteurs de l’Ouest sont souvent des amoureux de la mer, de l’environnement et de l’exploration.
N’oublions pas que dans les voiliers des grandes explorations du XVème au XIXème siècle, la plupart des marins étaient bretons (presque tous, par exemple, avec La Pérouse). Et qu’il y a encore trente ans, 60% des marins de la Marine nationale française étaient bretons. Quant à l’environnement, si ce territoire ne montre pas tout le temps l’exemple (les cultures hors-sols dans des serres chauffées, l’élevage intensif de porc ou de volaille, certains armateurs de pêche industrielle…), on y trouve également un très grand nombre d’agriculteurs raisonnables ou bio, de nombreuses résidences en auto-suffisance (ou presque), ou des pêcheurs artisans très respectueux de la ressource et de leur environnement.
Merci à Philippe Guégan, le journaliste de Ouest-France.

Changement de programme…

Comme nous, vous étiez hier soir devant votre télévision pour savoir ce qui nous attendait…
On a compris: le confinement est prolongé jusqu’au 11 mai et les évènements avec du public ne pourront avoir lieu avant la mi-juillet. Autant dire que, pour nous, à Nautilus, cela change beaucoup de choses. En effet, nous devions faire un demi-tour de France avec Rob Greenfield, de Paris à Clermont-Ferrand en passant par Nantes, Périgueux, Cahors, Toulouse et Montpellier. Des réunions étaient prévues avec à chaque fois de 40 à 200 personnes. Que nous ne pourrons faire désormais.
De plus, la campagne Ulule se termine ce soir, et le livre est désormais disponible sur Nautilus pour une livraison par poste début mai, vu que le livre ne sera sans doute pas disponible en librairie avant la fin du mois de mai. En effet, notre distributeur vient de nous informer que, au vu des dernières annonces de confinement, il ne leur serait pas possible de respecter la date du 19 mai, qu’il nous avait annoncé il y a une semaine.

Donc changement de programme complet.
Nous travaillons aux prochains ouvrages des éditions. Deux seront terminés à la fin du mois, pour une sortie en octobre ou novembre prochain. Nous attaquerons ensuite l’édition des suivants, prévus aussi pour cette fin d’année.
Maintenant, si vous avez des idées de sujets ou d’auteurs, nous sommes à votre écoute! N’hésitez pas à vous écrire: https://nautilus-editions.com/contacts/

L’image que je mets ici a été diffusée en « photo de mer de la semaine » ce lundi à nos quelques 6 000 abonnés. C’est une photo prise lors du Tour de France à la Voile de 1987. Le bon temps des régates avec plein de monde… Si vous voulez recevoir une photo de mer tous les lundis matins, abonnez-vous (gratuitement) ici: https://nautilus-editions.com/la-photo-de-mer-de-la-semaine/

Confinement et édition

Lancer une maison d’édition alors que la France est en confinement est une expérience forte. Un peu comme la navigation dans la tempête sur un trois mâts passant le Cap Horn… Il faut apprendre changer ses plans et espérances sans avoir la moindre visibilité à court terme, et de grandes incertitudes à long terme.
Quand nous nous sommes lancés dans la traduction du livre de Rob Greenfield, mais aussi les 5 à 6 titres qui vont suivre à l’automne, nous avions travaillé sur la base de campagnes Ulule renforcées par des tournées en France pour présenter nos publications, et parfois l’auteur. Vous imaginez bien que nous n’avons plus aucune certitude sur la tournée de Rob fin mai…
Les premiers contacts avec les libraires avaient donné beaucoup d’espoirs, notre distributeur nous demandant d’imprimer 10 000 exemplaires du livre « Le drôle de voyage de Mister Green ». Le confinement est passé par là, avec la fermeture des libraires qui n’ont pu qu’annuler une bonne partie de leurs commandes: nous en avons imprimé 4000.

Pour la suite, il va nous falloir apprendre la patience. Nous savons qu’il faudra sans doute plusieurs années pour stabiliser la société d’édition, et c’est une belle aventure qui nous attend. Mais rien ne risque de se passer comme prévu. Une de nos plus grandes incertitudes est l’état de la librairie française après le confinement. Je pense à tous ces passionnés de livres qui tiennent boutique et qui, tous les jours, parlent des livres à leurs clients. Nous avons besoin d’eux. Absolument. Pas question de dépendre d’un Amazon pour défendre les petits éditeurs (d’ailleurs, si vous avez le choix et que vous ne pouvez pas vous rendre chez votre libraire, choisissez une plateforme en ligne suggérée par votre libraire, pas une multinationale américaine…). Le réseau de librairies en France est un joyau qu’il faut protéger, alors aidez les.
Pour le tour de France de Rob Greenfield, nous ne voulions pas vendre directement nos livres aux personnes venant aux évènements, mais travailler à chaque fois avec un libraire local. Il nous paraissait important, au-delà du bénéfice économique direct, de faire vivre l’écosystème du livre. Nous ne savons pas si cela pourra être possible, mais ce n’est que partie remise. Rob reviendra un jour en France (même s’il est toujours là: il dort dans notre chambre d’amis et dîne à notre table tous les soirs…) et ce tour se fera, de toute façon, un jour ou l’autre.
Pour Nautilus, il nous faut travailler et préparer les autres livres à paraître en 2020 et 2021. Nous avons de beaux projets. Car faire des livres est un métier merveilleux. Même au temps du coronavirus.

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