| L’image, prise dans le port turc de Tuzla, date du 31 janvier dernier. La photo est celle d’un événement relativement courant, la mise à l’eau d’un navire, mais celle-ci m’a fait voyager dans le temps. Les lignes et couleurs du Neoliner Originne vous rappellent rien ? Des images d’archives vues et revues ? Des noms qui résonnent dans la mémoire des amoureux de paquebots ? Le France, le Normandie, le Queen Mary… D’accord, l’étrave est droite, mais si la propulsion du cargo de 136 mètres de long est vélique, les embases de mâts font penser aux cheminées de ces grands avaleurs d’océans, ces porteurs magnifiques de tant d’espoirs, tant d’histoires, tant de passions. Le cargo de la société française Neoline est sans doute moins romantique que les transatlantiques de légende, et il transportera plus de containers que d’amours cachées, mais son mode de propulsion apporte un sentiment de retour vers le futur. Le Neoliner Origin est aussi équipé d’un moteur, pour ne pas être totalement dépendant d’Éole, mais les espoirs d’économie d’énergie sont énormes : 80 %… Alors, bien sûr, de tels navires, pouvant transporter 256 conteneurs, ne remplaceront pas de sitôt la flotte mondiale de porte-conteneurs, dont les 174 monstres de près de 400 mètres de long et 24 000 conteneurs qui sillonnent les océans au service du commerce mondial. Mais le Neoliner Origin et ses petits frères ne font pas que porter l’espoir d’une évolution vers des cargos plus économes : ils ouvrent les portes de l’imagination. On se met à rêver de ports de commerce à nouveau emplis de mâts, comme au milieu du 19e siècle, époque glorieuse de la marine à voile. Et si le mélange de nostalgie et de modernité vous fascine, sachez que le navire a aussi prévu quelques cabines pour des passagers. Avec un petit plus que peu de voiliers proposent : un balcon… Christophe Agnus Photo Claire Ronsin & Nicolas Pougnand |